mardi 9 septembre 2014

Les mystères de l’histoire russe : 7 attentats contre l’empereur


En 1867, alors qu’il était à Paris, l’empereur russe Alexandre II se promenait dans le jardin de Tuileries. Soudain, il fut approché par une gitane. « Souverain, Vous permettez que je Vous dise votre avenir ». Pris de stupéfaction, l'empereur accepta. La femme mit longtemps à examiner les lignes sur la paume du monarque : « Ta vie ne pendra six fois qu’à un fil mais c’est la 7e fois qui te deviendra fatale ». Alexandre II frémit. Il se souvint qu’il y a un an à Pétersbourg il échappa de justesse à la balle d’un révolutionnaire. L’empereur fut sauvé par un paysan qui se tenait à côté du terroriste. Il lui tapa sur la main en faisant dévier la trajectoire de la balle.

On ignore si Alexandre II se souvenait des paroles de la gitane mais la prophétie finit bientôt par se matérialiser. Le 6 juin, l’empereur allait dans un landau découvert acclamé par une foule enthousiaste. Soudain des coups de feu retentirent et des balles sifflèrent à côté de l’empereur en blessant son cheval. Les gardes se jetèrent sur le malfaiteur qui se révéla être un Polonais. Il voulait se venger sur l’empereur d’avoir écrasé l’insurrection en Pologne qui faisait alors partie de l’empire de Russie.

Ayant subi deux attentats en deux ans, Alexandre II crut fermement à la prophétie. Libéral convaincu, le souverain communiquait toujours ouvertement avec le peuple mais ses gardes étaient aux aguets et personne ne pouvait plus approcher l’empereur dans la rue comme avant. Pour toute réponse, l’organisation révolutionnaire radicale « Volonté du peuple » se livra à une terreur de masse contre les représentants du pouvoir. Les attentats visaient des policiers, des officiers et des gouverneurs mais c’est l’empereur qui était la cible principale des terroristes.

Un nouvel attentat contre Alexandre II fut commis le 4 avril 1879. Un révolutionnaire fit feu 5 fois sur lui avant d’être saisi par les gardes. C’est par miracle que l’empereur eut la vie sauve. L’attaquant fut exécuté par la suite. Après trois échecs successifs, les terroristes renoncèrent aux armes de tir et optèrent pour la bombe qui leur paraissait être un moyen plus sûr. Ils décidèrent donc de faire sauter le train de l’empereur. Les terroristes savaient qu’un train de marchandises chargé de bagages précédait celui dans lequel allaient l’empereur et sa suite. Mais le destin sauva à nouveau l’empereur : la locomotive tomba en panne en chemin et le train d’Alexandre II alla le premier. Les terroristes qui l’ignoraient le laissèrent passer et firent sauter le train suivant. « Mais qu’est qu’ils ont contre moi, ces malheureux? – prononça amèrement l’empereur en apprenant qu’un nouvel attentat venait d’être perpétré – Pourquoi me poursuivent-ils comme une bête sauvage? J’ai pourtant toujours fait tout ce qui était en mon pouvoir pour le bien du peuple! » Les « malheureux » préparaient cependant un nouveau coup en décidant de faire sauter Alexandre II dans son propre palais. « Volonté du peuple » parvint à placer son homme parmi les ouvriers qui réparaient les salles du palais. Il amenait la dynamite dans le sous-sol en la dissimulant parmi les matériaux de construction. Un dîner solennel était prévu au palais le 18 février 1880 en l’honneur de l’arrivée à Pétersbourg du prince de Hesse. Le terroriste fixa la minuterie de la bombe à 18 heures mais le hasard s'y mêla à nouveau car le train du prince fut en retard d’une demi-heure. La terrible explosion coûta la vie à 10 soldats de la garde impériale en blessant 80 autres, mais Alexandre resta intact comme si une force mystérieuse conjurait la mort.

Bientôt la police dépista les dirigeants de la « Volonté du peuple » mais les révolutionnaires fanatiques étaient toujours après l’empereur.

Le premier mars 1881, Alexandre II longeait dans son carrosse le quai du canal Catherine à Pétersbourg accompagné d’une petite escorte de cosaques. Soudain, un passant lança un colis. Une explosion assourdissante se fit entendre. Lorsque la fumée se fut dissipée, le quai était jonché de morts et de blessés mais Alexandre II resta encore intact. Il fallait partir au plus vite mais l’empereur descendit du carrosse et se dirigea vers les blessés. A quoi pensait-il à cet instant? A la prophétie qui était en train de s’accomplir? Au 6e attentat précédant le 7e qui devait lui devenir fatal? Nous ne le saurons jamais parce qu’un deuxième terroriste se précipita vers l’empereur et une nouvelle explosion retentit. La prophétie s’accomplit. Alexandre II décéda le jour même dans son palais. « Volonté du peuple » fut bientôt démantelée et ses dirigeants exécutés. Les terroristes ne parvinrent pas à renverser la monarchie car le nouveau tsar Alexandre III gouvernait d’une main de fer en réprimant toute dissidence.

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