samedi 26 septembre 2026

Un « vaisseau » de 100 mètres repéré à quelques pas de la Station spatiale internationale

Un « vaisseau » de 100 mètres repéré à quelques pas de la Station spatiale internationale

Le cliché a été mis en ligne fin juillet 2026 par Scott C. Waring, animateur du site américain UFO Sightings Daily, spécialisé dans le repérage d'anomalies sur les archives visuelles de la NASA. Il aurait été extrait de la base de données publique EOL (Gateway to Astronomy Photography of Earth), qui recense les clichés pris par les astronautes de l'ISS lors de la mission ISS061. On y distingue, selon Waring, un objet de forme rectangulaire, sans ailes, sans hublots, sans moteurs apparents ni marquage militaire, flottant à proximité immédiate de la station et dont la taille est estimée à près de 100 mètres de long.

Pour Waring, l'absence totale de tout élément identifiable — aucune tuyère, aucune insigne, aucune trace de fabrication humaine — constitue en soi la preuve d'une origine extraterrestre. Il va jusqu'à avancer que l'équipage à bord de cet objet pourrait, par une forme de télépathie, lire les pensées des astronautes et « télécharger » l'intégralité de leurs souvenirs en quelques secondes, dans le but d'évaluer la dangerosité de l'espèce humaine.

Un habitué des « découvertes » spatiales

Scott Waring documente depuis plus d'une décennie des anomalies visuelles repérées sur les flux vidéo et les photographies publiques de la NASA. Son site a déjà relayé un « cylindre extraterrestre » filmé en direct depuis l'ISS, un « OVNI triangulaire » aperçu lors d'une retransmission en direct, ou encore un prétendu « vaisseau cube » aux abords du Soleil dans des images de l'observatoire solaire SOHO — cette dernière affirmation ayant été formellement démentie par la NASA, qui a expliqué que les zones sombres en question correspondaient simplement à des données manquantes dans le montage des images en mosaïque.

À plusieurs reprises déjà, la NASA a répondu publiquement à ce type de signalement en attribuant les points lumineux observés près de la station à des reflets sur les hublots, à des débris orbitaux ou à des artefacts de compression vidéo — une explication qui, selon l'agence, rend compte du fait que ces « objets » restent souvent parfaitement statiques par rapport au cadre alors que la Terre défile en arrière-plan.

Le doute technique

Sous la publication originale, un commentateur relève une incohérence géométrique révélatrice : les bords de l'objet apparaissent parfaitement rectilignes, alors que l'image environnante, prise avec un objectif grand angle typique des caméras embarquées de la station, déforme normalement en courbe toute ligne droite proche des bords du cadre. Un objet réellement présent dans la scène et de cette taille devrait donc, lui aussi, présenter une distorsion visible — ce qui n'est pas le cas ici. Cette observation est cohérente avec l'hypothèse d'un artefact ajouté après coup à l'image (reflet sur une vitre, poussière sur l'optique, ou retouche), plutôt que d'un objet physique baignant dans la même perspective optique que le reste du cliché.

Aucune agence spatiale, aucun astronome professionnel ni aucun organisme scientifique n'a, à ce jour, confirmé l'existence d'un objet de la taille avancée à proximité de la station. La NASA n'a pas communiqué spécifiquement sur cette image.

Légende - Photo
Scott C. Waring, Copyright, https://eol.jsc.nasa.gov/SearchPhotos/photo.pl?mission=ISS061&roll=E&frame=120435
Sources
TagsO.V.N.I.

jeudi 17 septembre 2026

Un OVNI filmé dans une petite commune du centre de la France

Un OVNI filmé dans une petite commune du centre de la France

Le 12 septembre 2026, à 21h14 précises, le ciel de Les Aix-d'Angillon, petite commune du Cher, s'est transformé en théâtre d'un phénomène aussi bref qu'intense. Le témoin principal décrit une séquence en trois temps distincts. D'abord, un point lumineux bleu, immobile, plus petit qu'un satellite en orbite. Puis, presque aussitôt, ce qui ressemble à une étoile filante — mais qui semble « exploser » dans le ciel plutôt que de s'éteindre progressivement. Enfin, surgissant de loin, un troisième objet, de forme indéfinie mais d'une luminosité blanche largement supérieure à celle d'un avion, traversant le ciel du sud vers l'ouest à une vitesse jugée bien supérieure à celle d'un aéronef commercial.

L'ensemble n'aura duré que deux minutes. Mais le témoin insiste sur un détail qui revient dans la quasi-totalité des observations de ce type : l'absence totale de bruit. Ni vrombissement de réacteur, ni déflagration audible, alors même que l'objet est décrit comme plus proche et plus rapide qu'un avion de ligne.

Six témoins, une vidéo malgré un smartphone endommagé

Fait notable : l'observation n'est pas le fait d'une seule personne isolée, mais d'un petit groupe de six témoins, dont plusieurs voisins directs, qui pourraient corroborer indépendamment le récit — un point que les enquêteurs considèrent généralement comme précieux, la multiplication d'observateurs réduisant l'hypothèse d'une méprise strictement individuelle.

Le témoin a tenté de filmer la scène avec son iPhone 11, dont le capteur arrière est pourtant endommagé et peine habituellement à capter des sources aussi éloignées qu'une étoile ou un satellite. Malgré ce handicap technique, l'objet aurait tout de même été enregistré — signe, selon certains, de son intensité lumineuse exceptionnelle. Une vidéo originale existe donc, bien qu'elle n'ait pas encore fait l'objet d'une analyse d'authentification indépendante.

Une fiche d'observation étonnamment méthodique

Le témoin situe l'azimut de l'apparition à environ 66° (nord-est), pour une hauteur angulaire d'environ 25° au-dessus de l'horizon. La trajectoire va globalement du sud vers l'ouest, jusqu'à disparition. L'objet est qualifié de forme ovoïde sur la fiche de signalement, bien que le récit insiste surtout sur une lumière blanche diffuse et éblouissante plutôt que sur un contour net — une divergence fréquente entre la case cochée sur un formulaire et le souvenir réellement vécu, où l'éblouissement empêche souvent de distinguer une silhouette précise.

La couleur est unanimement rapportée comme un blanc lumineux intense, sans variation chromatique, ce qui écarte d'emblée certaines pistes comme la foudre en boule, aux teintes généralement plus orangées ou bleutées. Aucune caractéristique sonore n'est associée à l'objet principal ; seule la « déflagration » silencieuse suivant l'étoile filante laisse imaginer un bruit que personne, pourtant, n'a réellement entendu.

Le Cher, terre discrète mais non vierge d'observations aérospatiales

Contrairement à des régions comme la Lorraine ou le Larzac, historiquement associées aux grandes vagues d'observations françaises, le Centre-Val de Loire n'a pas la réputation d'être un foyer majeur de phénomènes aérospatiaux non identifiés. Le GEIPAN, service du Centre national d'études spatiales, y recense néanmoins un flux régulier de témoignages classés selon une échelle allant de PAN A (phénomène identifié) à PAN D (phénomène demeurant inexpliqué malgré enquête approfondie). Le réseau Vigie-Ciel, adossé au programme FRIPON de surveillance des bolides, couvre également cette portion du territoire. La proximité de la base aérienne de Bourges-Avord constitue par ailleurs un paramètre que les enquêteurs sérieux intègrent systématiquement avant d'envisager des hypothèses plus exotiques.

« Ce n'était pas un avion, pas une étoile, pas un satellite. C'était plus rapide, plus proche, et complètement silencieux. Je n'avais jamais vu un phénomène pareil de toute ma vie. »
— Témoignage recueilli auprès de l'observateur principal

La piste scientifique : bolide, débris spatial ou effet d'optique ?

Le déroulé en trois temps décrit par le témoin — point statique, « explosion » d'une étoile filante, puis objet brillant filant silencieusement — évoque de façon frappante un bolide, terme technique désignant un météore dont l'éclat dépasse celui de la planète Vénus. Le réseau Vigie-Ciel rappelle que ces événements, bien que spectaculaires, surviennent plusieurs fois par an sur le territoire français, provoquant systématiquement des témoignages très similaires : lumière intense, vitesse apparente élevée, absence de bruit perçu au moment du passage — le son d'une éventuelle fragmentation atmosphérique mettant, lui, plusieurs dizaines de secondes à parvenir au sol.

Une seconde hypothèse mérite d'être examinée : la rentrée atmosphérique d'un débris spatial ou d'un lot de satellites Starlink, phénomène devenu bien plus fréquent depuis le déploiement des mégaconstellations en orbite basse. Ces rentrées produisent un « train » de points lumineux progressant lentement, parfois accompagné d'un flash plus vif lors de la désintégration d'un composant. Mais la brièveté du phénomène rapporté ici — deux minutes — et le changement net de trajectoire plaident, selon plusieurs astronomes amateurs consultés sur des cas similaires, plutôt en faveur d'un bolide isolé.

Ce qu'en pensent les chercheurs

Le classement GEIPAN distingue précisément les cas expliqués (PAN A) des cas totalement inexpliqués après enquête complète (PAN D) — une catégorie qui, contrairement à une idée reçue, ne représente historiquement qu'une minorité des dossiers instruits. Des chercheurs comme l'astrophysicien Jacques Vallée ou l'astronome J. Allen Hynek ont insisté sur l'intérêt scientifique de cette frange résiduelle de cas non résolus, y voyant matière à interroger nos catégories perceptives plutôt qu'une preuve de visite extraterrestre. Dans le cas présent, l'absence d'analyse experte de la vidéo et le nombre encore limité de témoignages indépendants recueillis invitent à la prudence : ce dossier relève, à ce stade, davantage du signalement à instruire que du mystère avéré.

Légende - Photo
Grok, CC0,
Sources
TagsO.V.N.I.

mardi 25 août 2026

Un lanceur d'alerte du Pentagone demande l'immunité présidentielle pour "dire toute la vérité" sur les UAP

Un lanceur d'alerte du Pentagone demande l'immunité présidentielle pour "dire toute la vérité" sur les UAP

Matthew Brown, l'homme derrière le dossier "Immaculate Constellation", affirme détenir encore des informations qu'il ne peut légalement divulguer — et s'en remet publiquement à Donald Trump pour le libérer de son serment de silence.

C'est un geste rare dans l'histoire déjà foisonnante des révélations sur les phénomènes anomaux non identifiés (UAP) : un ancien analyste de la sécurité nationale et de la politique étrangère américaine, Matthew Brown, s'est adressé directement au président des États-Unis sur les réseaux sociaux pour lui demander une faveur d'une gravité inhabituelle — le relever de ses obligations de confidentialité et de non-divulgation, et protéger sa famille de représailles qu'il dit redouter. Sa requête, publiée à la mi-août 2026, a immédiatement enflammé la communauté ufologique et relancé, une fois de plus, le débat sur ce que le gouvernement américain sait réellement — et cache — au sujet des objets volants non identifiés.

Qui est Matthew Brown ?

Brown s'est présenté publiquement pour la première fois en mai 2025, lors d'une série d'entretiens fleuve avec le réalisateur et enquêteur Jeremy Corbell et le journaliste d'investigation George Knapp, dans le cadre de leur podcastWeaponized. Selon son propre récit, Brown travaillait comme analyste au sein de l'appareil de sécurité nationale américain — une fonction qui lui donnait accès à des réseaux classifiés tels que le JWICS (Joint Worldwide Intelligence Communications System), utilisé par la communauté du renseignement pour la circulation d'informations sensibles.

C'est en effectuant, selon ses dires, un travail de routine sur un serveur partagé du Bureau du secrétaire adjoint à la Défense pour le renseignement et la sécurité que Brown affirme être tombé, presque par accident, sur un document mal classé, dissimulé dans un dossier intitulé « 2018 Schriever Wargames » — un intitulé jugé suffisamment anodin pour ne pas attirer l'attention. Ce document de onze à quinze pages, selon les versions, décrivait un programme d'accès spécial (Special Access Program, SAP) non reconnu, baptiséImmaculate Constellation.

Le dossier "Immaculate Constellation"

Le nom du programme a été rendu public pour la première fois en octobre 2024 par le journaliste indépendant Michael Shellenberger, sur la base des informations transmises par un lanceur d'alerte alors anonyme — que l'on sait aujourd'hui être Matthew Brown. Selon ce récit, le programme aurait été créé en 2017, dans la foulée des révélations duNew York Timessur l'existence de l'AATIP (Advanced Aerospace Threat Identification Program), un précédent programme du Pentagone chargé d'étudier les rencontres avec des UAP.

Le document décrirait, entre autres, des images et vidéos de haute qualité capturées par des plateformes américaines de renseignement, classées et mises en quarantaine loin du regard du Congrès. Parmi les épisodes évoqués figurent une formation de douze orbes métalliques volant en formation cuboïde au-dessus de l'océan, de vastes objets triangulaires survolant des bâtiments de la marine, des engins en forme de soucoupe utilisant la couverture nuageuse pour se dissimuler, ainsi qu'une vidéo haute définition de treize minutes montrant un orbe blanc émergeant de la mer près du Koweït, filmée depuis un hélicoptère et prétendument stockée sur le réseau SIPRNet.

Le 13 novembre 2024, la représentante républicaine de Caroline du Sud Nancy Mace a brandi ce document de douze pages en pleine audition de la Chambre des représentants, l'intitulant « ce programme d'accès spécial non reconnu que votre gouvernement affirme ne pas exister », avant de le verser au registre officiel du Congrès (Congressional Record), lors d'une session consacrée aux UAP.

Un mur de démentis officiels

Le Pentagone n'a jamais varié dans sa réponse. Dès les premières révélations, la porte-parole du département de la Défense, Sue Gough, a déclaré : « Le département de la Défense n'a aucune trace, présente ou historique, d'un quelconque programme d'accès spécial nommé "Immaculate Constellation" ». L'ancien directeur de l'AARO (All-domain Anomaly Resolution Office, le bureau du Pentagone chargé publiquement d'enquêter sur les UAP), Sean Kirkpatrick, a lui aussi démenti son existence.

L'AARO, de son côté, a publié un rapport concluant à l'absence de toute preuve que les UAP seraient d'origine extraterrestre, tout en reconnaissant l'existence d'un programme distinct, nommé Kona Blue, destiné théoriquement à étudier la rétro-ingénierie d'éventuelles technologies récupérées — sans toutefois confirmer qu'une telle récupération ait eu lieu.

Près de deux ans après la première fuite, ni la Maison-Blanche ni le Pentagone n'ont formellement confirmé ou infirmé au-delà de cette déclaration initiale l'existence du programme sous ce nom précis — une zone grise que les partisans de la thèse du secret d'État jugent révélatrice, et que les sceptiques attribuent simplement à l'absence de fondement des allégations.

« Rien dans ces vidéos ne prouve nécessairement qu'il s'agit de quelque chose d'extraterrestre ou non humain. Mais c'est assurément anomal, exotique et inexplicable. »

— Matthew Brown, entretien avec Jeremy Corbell et George Knapp,Weaponized, mai 2025

La demande d'immunité à Donald Trump

C'est dans ce contexte de statu quo prolongé que Brown a choisi, à la mi-août 2026, de s'adresser publiquement au président Trump. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, il écrit : « Monsieur le Président, je vous demande respectueusement de me libérer de toutes mes obligations de secret et de non-divulgation pertinentes, et de protéger ma famille de ceux qui souhaitent me faire du mal pour avoir dit au peuple américain la vérité. »

Brown y affirme avoir transmis, dès 2023, des informations sensibles à des membres du Sénat et de la Chambre des représentants concernant des « phénomènes anomaux non identifiés, des technologies d'origine inconnue et une intelligence non humaine ». Il évoque également des « accords de confidentialité et des menaces actives », laissant entendre qu'une crainte réelle pour sa sécurité personnelle continue de le retenir de tout dévoiler.

Ce que la communauté ufologique en pense

La publication de cette requête a immédiatement suscité un débat intense sur les forums spécialisés, notamment sur le subreddit r/UFOs. Certains commentateurs se sont interrogés : que pourrait-il bien rester à dire que Brown n'ait déjà révélé ? D'autres ont comparé sa retenue prudente à l'attitude plus frontale d'un autre lanceur d'alerte, Luis Elizondo, ancien responsable du programme AATIP, qui a par le passé évoqué publiquement la crainte d'être « éliminé » pour ses révélations.

D'autres utilisateurs ont avancé l'hypothèse que le dossier Immaculate Constellation contiendrait des éléments distincts, classifiés à un niveau supérieur et actuellement hors de portée légale de Brown — une clause de confidentialité qui expirerait à une date encore inconnue. Une partie de la discussion en ligne a également relié la démarche de Brown à des théories plus spéculatives évoquées lors de ses précédentes apparitions chez Corbell et Knapp, où il aurait abordé, en creux, des sujets liés à la théorie de la simulation et à la nature de la conscience — des thèmes que ses accords de non-divulgation l'empêcheraient, selon certains, d'approfondir publiquement.

Le journaliste et documentariste Jeremy Corbell a pour sa part défendu la démarche de Brown, estimant que celui-ci avait « fait tout ce qu'il fallait dans les règles » avant de se résoudre à s'exprimer publiquement : « Le Congrès a fait grand cas de vouloir que les lanceurs d'alerte se manifestent. Eh bien, le voici. Matthew Brown a une connaissance interne de la tromperie de notre gouvernement par des éléments de la communauté du renseignement. »

Légende - Photo
Grok, CC0,
Sources
TagsO.V.N.I.

jeudi 20 août 2026

Une lumière non identifiée repérée en 1917 dans le Colorado

Une lumière non identifiée repérée en 1917 dans le Colorado

Il est un peu plus de onze heures du soir, ce dimanche 12 août 1917, lorsque deux veilleurs de nuit employés au dépôt de charbon de Durango, MM. Crawford et Ellis, remarquent une lumière inhabituelle suspendue au-dessus de l'horizon occidental. L'objet, qu'ils décriront plus tard comme ressemblant à un « dirigeable illuminé », semble se tenir dans la direction de Mancos, petite localité agricole située à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Durango, au cœur du comté de Montezuma. La lumière demeure visible pendant environ une demi-heure avant de s'éteindre ou de disparaître derrière les collines.

Le phénomène ne s'arrête pas là. Vers trois heures du matin, la même lumière — ou du moins une lumière de nature identique — réapparaît au même point de l'horizon. Cette seconde apparition est plus brève, ne durant qu'une dizaine de minutes. Si plusieurs habitants de Durango affirment avoir observé la première manifestation vers vingt-trois heures, rares sont ceux encore éveillés à l'heure de la seconde, ce qui limite considérablement le nombre de témoins corroborants pour cette phase de l'événement.

L'affaire est rapportée dès le lendemain par le Durango Semi-Weekly Herald, sous le titre laconique « Seeing Things After Night » — « Voir des choses après la tombée de la nuit » — un ton qui trahit déjà, dans le choix des mots de la rédaction, un mélange de curiosité et de scepticisme prudent typique de la presse régionale de l'époque.

Un dépôt de charbon comme poste d'observation

Le lieu depuis lequel l'observation a été faite n'est pas anodin. Le « coal tipple » — la tour de chargement du charbon — de Durango était, en 1917, un point névralgique de l'activité minière locale, la ville étant alors un carrefour ferroviaire et industriel important du sud-ouest du Colorado, alimenté par les mines de charbon et par le trafic du Denver and Rio Grande Railroad. Les veilleurs de nuit qui y travaillaient passaient de longues heures à l'extérieur, dans l'obscurité, offrant un poste d'observation privilégié — et surtout continu — sur le ciel nocturne, contrairement à la majorité des habitants endormis à cette heure tardive.

Mancos, la localité vers laquelle pointait la lumière, se situe dans une région de plateaux et de mesas arides, non loin des futures limites du parc national de Mesa Verde, classé quelques années plus tôt, en 1906. Le relief accidenté et l'absence quasi totale d'éclairage artificiel en 1917 auraient rendu toute lumière isolée particulièrement visible — et propice à toutes les interprétations.

Le Colorado sous tension : un été de guerre

Pour comprendre la manière dont cette lumière a été perçue, il faut la replacer dans son contexte historique immédiat. Les États-Unis viennent d'entrer en guerre contre l'Allemagne le 6 avril 1917, à peine quatre mois avant l'observation de Durango. Le pays tout entier est alors saisi d'une fièvre d'espionnage : rumeurs de saboteurs allemands, crainte d'attaques aériennes sur les côtes, suspicion généralisée envers tout objet volant non identifié. Cette atmosphère n'est pas propre aux États-Unis : dès 1912-1913, la Grande-Bretagne avait déjà connu sa propre « panique du dirigeable fantôme », des milliers de témoins affirmant apercevoir des zeppelins allemands qui, selon les historiens, n'existaient tout simplement pas encore à cette échelle opérationnelle.

Le phénomène des « phantom airships » — dirigeables fantômes — n'est en réalité pas nouveau en 1917. Les États-Unis avaient déjà connu une vague spectaculaire de signalements similaires en 1896 et 1897, depuis la Californie jusqu'au Texas, sans qu'aucune explication définitive n'ait jamais été apportée. La guerre ne fait que réactiver et intensifier ce climat, en lui donnant une coloration nouvelle : l'ennemi n'est plus un inventeur mystérieux, mais un espion étranger. La lumière de Mancos, dans ce contexte, n'est pas un fait isolé mais s'inscrit dans une longue tradition américaine de sightings aériens propices aux interprétations les plus diverses, du ballon-espion à l'aéronef militaire secret.

« L'objet semblait se tenir dans la direction de Mancos et fut visible environ une demi-heure. » —Durango Semi-Weekly Herald, 13 août 1917

Hypothèses rationnelles et pistes d'explication

Plusieurs explications naturelles ou techniques ont été avancées, a posteriori, pour ce type de sighting typique du début du XXe siècle :

Une planète ou un astre brillant.En août 1917, Vénus était visible dans le ciel du soir sous certaines configurations, et une planète brillante proche de l'horizon, déformée par la réfraction atmosphérique, peut aisément prendre une teinte et un éclat trompeurs pour un observateur non averti — un phénomène bien documenté dans les annales de l'ufologie, notamment étudié plus tard par l'astronome J. Allen Hynek dans ses travaux pour l'US Air Force.

Un ballon d'observation ou publicitaire.Les ballons captifs, ballons-sondes et lanternes célestes (lanternes chinoises) connaissaient une certaine popularité à l'époque et pouvaient dériver sur de longues distances, produisant une lumière oscillante aisément confondue avec un engin piloté.

Un feu de brousse ou un incendie lointain.La région de Mancos, aride en été, pouvait connaître des départs de feu dont le reflet, porté par l'atmosphère nocturne, aurait pu créer une illusion de lumière suspendue.

Un phénomène atmosphérique rare.Certains chercheurs en météorologie évoquent la possibilité de phénomènes électro-atmosphériques, proches des « feux de Saint-Elme » ou de manifestations de type ball lightning, bien que ces hypothèses demeurent marginales et invérifiables pour un événement aussi ancien.

Aucune de ces explications n'a cependant été confirmée ni infirmée de manière décisive : l'article original ne fournit ni direction précise en degrés, ni durée exacte au-delà des estimations données par les témoins, ni description de la couleur ou du mouvement de la lumière, ce qui limite considérablement toute analyse rétrospective rigoureuse.

Document reconstitué — Rapport du poste de veille du dépôt de charbon

Ce qui suit constitue une reconstitution archivistique, élaborée à partir des éléments rapportés par le Durango Semi-Weekly Herald, destinée à illustrer la forme que pouvait prendre un rapport de veille de nuit à cette époque. Il ne s'agit pas d'un document authentique retrouvé, mais d'une restitution éditoriale.

Poste de veille — Dépôt de charbon, Durango, Colorado
Nuit du 12 au 13 août 1917
Observateurs : J. Crawford, A. Ellis

23h05 — Lumière aperçue à l'horizon ouest, direction approximative de Mancos. Intensité constante, pas de scintillement caractéristique d'une étoile. Aucun bruit perçu.
23h10 — La lumière demeure stationnaire ou se déplace très lentement. Impossible de déterminer l'altitude.
23h35 — La lumière disparaît, soit par extinction, soit par occultation derrière le relief.
03h00 — Réapparition au même point de l'horizon.
03h10 — Disparition définitive. Fin de l'observation.

Regard critique

Comme pour la grande majorité des sightings aériens du début du siècle, l'observation de Durango souffre d'un déficit criant de données objectives : pas de photographie, pas de mesure d'angle, pas de témoignage écrit direct des observateurs eux-mêmes au-delà du résumé journalistique. Le vocabulaire employé par le rédacteur duHerald— « ne ressemblait pas à un dirigeable illuminé » — trahit d'ailleurs une prudence rhétorique révélatrice : le journaliste évoque une comparaison sans jamais l'affirmer comme un fait.

Le contexte de guerre naissante, la proximité temporelle avec l'entrée en guerre des États-Unis, et l'appartenance de cette observation à une longue lignée de « dirigeables fantômes » documentés depuis 1896 invitent à la prudence méthodologique plutôt qu'à la conclusion hâtive. Que la lumière de Mancos ait été un astre, un feu lointain, un ballon égaré ou — comme le suggéraient certains contemporains inquiets — un appareil d'origine inconnue survolant le territoire américain en temps de guerre, l'événement demeure avant tout un témoignage précieux de l'état d'esprit collectif d'une petite ville minière du Colorado à l'été 1917.

Légende - Photo
Gemini, CC0,
Sources
TagsO.V.N.I.

mercredi 19 août 2026

En hiver 1907, un énorme OVNI a été observé à Long Island, aux Etats-Unis

En hiver 1907, un énorme OVNI a été observé à Long Island, aux Etats-Unis

C'est une dépêche courte, sèche, transmise par l'agence United Press depuis New York, qui met en émoi la petite ville de Jamaica, sur Long Island, en cette fin décembre 1907. Selon le récit publié quelques jours plus tard par lePueblo Sundu Colorado, un grand ballon serait apparu au-dessus de la localité, suffisamment bas et suffisamment visible pour que la population entière s'en trouve « toute retournée », selon les termes mêmes de la dépêche originale.

Le détail qui frappe les témoins n'est pas tant la présence du ballon — les ascensions étaient alors un spectacle relativement courant sur la côte Est — que la façon dont il était équipé : une lanterne aurait été suspendue à une corde pendant à environ six mètres (vingt pieds) sous la nacelle. Cette proximité inhabituelle entre une flamme nue et l'énorme enveloppe gonflée au gaz hydrogène ou au gaz d'éclairage aurait, selon le journaliste, suscité plus d'étonnement encore que l'apparition elle-même de l'aéronef. Aucun club aéronautique, aucune compagnie de gaz de la région n'avait alors revendiqué ou signalé un lancement correspondant à cette description.

Une Amérique déjà habituée aux « mystery airships »

Pour comprendre la résonance de cet épisode, il faut le replacer dans une chronologie plus large. Dès l'automne 1896 et jusqu'au printemps 1897, les États-Unis avaient connu ce que les historiens appellent aujourd'hui la vague des « mystery airships » : des milliers de témoins, de la Californie au Texas en passant par le Nebraska et le Missouri, avaient rapporté l'observation d'engins aériens équipés de puissants projecteurs, parfois décrits avec un luxe de détails techniques dépassant largement les capacités aéronautiques connues de l'époque. Le 17 novembre 1896, leSacramento Beeouvrait cette série avec le récit d'une lumière traversant le ciel de la ville ; quelques mois plus tard, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui affirmaient avoir vu, un jour d'avril 1897, un immense engin survoler Kansas City.

Le phénomène n'était pas nouveau en 1896 : dès novembre 1876, la presse de Sacramento rapportait déjà l'apparition d'une lumière comparable à un « arc électrique propulsé par une force mystérieuse ». Le professeur George Davidson, cité par leSan Francisco Chronicle, y voyait alors le fruit d'unefranc-maçonnerie de menteursayant lâché un ballon muni d'un dispositif lumineux — explication qui allait devenir un classique du genre : le canular collectif, savamment entretenu par une poignée de farceurs et amplifié par l'imagination populaire.

Cette généalogie éclaire l'observation de Jamaica d'une lumière particulière : dix ans après la grande vague du Midwest, la simple vision d'un ballon muni d'une lanterne suffisait encore à mobiliser une ville entière, preuve que l'aérostation restait, pour le grand public de la côte Est, un territoire chargé d'un mélange de fascination technique et d'inquiétude presque surnaturelle.

Ce que le contexte aéronautique de 1907 nous apprend

L'année 1907 n'est pas choisie au hasard. C'est précisément dans cette période que l'Aero Club of America, fondé en juin 1905 à New York, organise ses ascensions les plus spectaculaires depuis ses bases de Pittsfield et de North Adams, dans le Massachusetts, en vue de la coupe internationale Gordon Bennett qu'elle doit accueillir sur le sol américain après sa victoire surprise à Paris l'année précédente. Des aéronautes reconnus comme Leo Stevens — fabricant de ballons basé à New York — ou Alan R. Hawley multiplient alors les vols d'essai, certains dépassant plusieurs centaines de kilomètres.

Or ces mêmes archives rappellent que les aéronautes de l'Aero Club évitaient soigneusement de survoler le détroit de Long Island Sound, jugé trop risqué pour un atterrissage d'urgence en cas d'incident. Un ballon dérivant au-dessus de Jamaica, à l'extrémité ouest de Long Island, n'aurait donc rien eu d'un itinéraire volontaire pour un club sérieux — ce qui alimente, encore aujourd'hui, l'hypothèse d'un ballon amateur, mal maîtrisé, dérivant au gré des vents de décembre, plutôt que d'une expédition organisée et déclarée.

Citation

« Le fait qu'une flamme se trouvât à si proximité de l'énorme sac à gaz suscita plus de surprise encore que l'apparition inattendue du grand dirigeable lui-même. »
— Dépêche United Press, reprise par lePueblo Sun, 28 décembre 1907

Regard critique

Faute d'archive photographique ou de rapport officiel d'ascension correspondant à la date et au lieu, l'épisode de Jamaica reste, sur le plan documentaire, une simple brève d'agence — un format connu pour privilégier l'effet de sensation sur la vérification croisée. Les historiens de l'aéronautique américaine soulignent qu'aucun vol organisé par l'Aero Club of America, alors seule structure new-yorkaise en mesure de mener des ascensions officielles et suivies, n'est enregistré à cette date pour la région de Long Island.

L'explication la plus probable, déjà avancée pour des dizaines d'observations comparables entre 1876 et 1897, reste celle d'un ballon-sonde ou d'un ballon de loisir lâché par un particulier ou un groupe d'amateurs, dérivant sans pilote déclaré et muni d'une lanterne pour signaler sa présence de nuit — pratique alors courante et n'impliquant aucune intention de mystification. La proximité rapportée entre la flamme et l'enveloppe de gaz, si elle est exacte, relève davantage de l'imprudence technique de l'époque que d'un phénomène inexpliqué : les ballons à gaz de 1907 n'étaient pas conçus pour transporter une flamme nue, et un tel témoignage a pu être amplifié par l'effroi général plutôt que par une observation précise dans l'obscurité hivernale.

Il n'en demeure pas moins que cet épisode, presque anecdotique, illustre la façon dont la presse américaine du tournant du siècle a su transformer un simple objet volant mal identifié — un ballon égaré, une lanterne balancée par le vent — en un petit mystère local, dans un climat déjà façonné par une décennie de récits d'« airships » fantômes.

Légende - Photo
Antony-22, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=60483791
Sources
TagsO.V.N.I.

lundi 27 juillet 2026

Un mystérieux objet photographié depuis la navette Columbia en 1996

Un mystérieux objet photographié depuis la navette Columbia en 1996

En novembre 1996, lors de la mission STS-80 de la navette spatiale Columbia, les astronautes ont photographié un objet non identifié évoluant en orbite basse autour de la Terre. Sur le cliché, l'objet apparaît près du centre de l'image, à droite du limbe terrestre, se détachant nettement sur le fond sombre de l'espace.

Sa forme inhabituelle et l'absence d'explication officielle détaillée ont suscité de nombreuses interrogations au fil des années. Certains y voient un simple débris spatial ou un effet lié à la prise de vue, tandis que d'autres estiment qu'il pourrait s'agir d'un phénomène aérien non identifié (PAN/UAP). En l'absence d'éléments permettant d'établir son origine avec certitude, l'image demeure l'un des documents les plus intrigants rapportés par la NASA durant la mission STS-80.

Légende - Photo
U.S.G., Public Domain, https://www.war.gov/ufo/#NASA-UAP-D030-STS-80-Unidentified-Object-Image-1-1996

→ Plus d'informations
TagsNASA, O.V.N.I.

mardi 7 juillet 2026

En 1953, de nombreux militaires ont vu un OVNI près de la base aérienne d'Ellsworth

En 1953, de nombreux militaires ont vu un OVNI près de la base aérienne d'Ellsworth

Le 5 août 1953, peu après la tombée de la nuit, la base aérienne d'Ellsworth, alors l'une des installations les plus sensibles du Strategic Air Command dans le Dakota du Sud, allait devenir le théâtre de ce que le capitaine Edward J. Ruppelt, premier directeur du Projet Blue Book, qualifiera plus tard de « meilleur rapport d'OVNI jamais versé aux archives de l'armée de l'air ». En l'espace de quelques heures, des radars militaires, des pilotes de chasse et une quarantaine de civils allaient converger vers le même constat troublant : quelque chose survolait le ciel du Dakota du Sud, et ce quelque chose n'obéissait à aucune loi connue de l'aéronautique.

L'alerte de Blackhawk

Tout commence à Blackhawk, petite localité à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la base. Mrs Phyllis Kellian (parfois orthographiée « Killian » dans certaines sources secondaires), observatrice bénévole du Ground Observer Corps — ce réseau civil chargé de guetter d'éventuels bombardiers ennemis en pleine Guerre froide — repère une lumière rouge vif, basse sur l'horizon nord-est, à environ huit heures du soir. D'abord immobile, la lumière se déplace soudainement de trente degrés, jaillit à la verticale, puis revient à sa position initiale avant de filer vers Rapid City à grande vitesse. Formée à la procédure, Mrs Kellian alerte aussitôt le centre de filtrage de la région, qui la met en relation directe avec le contrôleur radar de service à Ellsworth.

Confirmation radar et premier décollage

L'officier de service détecte immédiatement un écho solide et net sur son écran, stationnaire à 16 000 pieds d'altitude, exactement là où Mrs Kellian situe la lumière. Trois aviateurs sont dépêchés à l'extérieur et confirment visuellement une lumière se déplaçant du nord au sud à grande vitesse. À 20h24, le lieutenant John W. Stockham, en patrouille de combat à bord d'un F-84D Thunderjet, est dérouté vers la zone. Il repère une lumière argentée « plus brillante que n'importe quelle étoile » et amorce son approche. Mais à mesure qu'il s'en approche à environ cinq kilomètres, l'objet accélère brutalement vers le nord-ouest, maintenant obstinément la distance.

Une poursuite de cent vingt miles

La chasse se poursuit sur près de cent vingt miles (environ 190 kilomètres), l'objet et le F-84 franchissant la frontière du Dakota du Nord sous l'œil du radar au sol, qui suit sans discontinuer les deux échos. Le pilote, à court de carburant, doit rebrousser chemin. Il confiera plus tard à Ruppelt avoir été « bien content de manquer d'essence », tant l'idée de rester seul, la nuit, au-dessus d'une région aussi désolée, face à un objet impossible à distancer, avait de quoi inquiéter.

Le contrôleur radar, lui, restera marqué par le sang-froid extraordinaire exigé de lui cette nuit-là. Selon le récit qu'il livrera à Ruppelt, l'objet semblait doté d'un système d'alerte automatique lié à sa propulsion : chaque fois que le chasseur s'approchait à moins de cinq kilomètres, la cible « accélérait automatiquement et reprenait de l'avance » — un comportement de maintien de distance qui allait devenir l'un des éléments les plus étudiés du dossier.

Le second intercepteur et le viseur radar verrouillé

De retour à la base, le F-84 de Stockham croise un second appareil déjà en alerte : les pilotes du escadron, ayant suivi les échanges radio, refusaient d'y croire. L'un d'eux, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et de Corée, insiste pour décoller à son tour. C'est le lieutenant David K. Needham qui prend les commandes. Grimpant à 15 000 pieds, il repère l'objet à sa droite, en dessous de lui : une lumière changeant du blanc au vert, se déplaçant de façon erratique. Needham grimpe jusqu'à 26 000 pieds pour le poursuivre. Selon son rapport officiel, rédigé de sa main dans les jours suivants, il enclenche son viseur radar de tir — non pour ouvrir le feu, mais pour vérifier la nature solide de la cible. Le voyant de verrouillage s'allume et reste actif pendant toute la poursuite, un détail que l'armée de l'air expliquera plus tard par un dysfonctionnement, bien qu'aucune trace de maintenance sur cet équipement n'ait été retrouvée dans les semaines suivantes.

Le verdict de Blue Book et le doute qui subsiste

L'astronome J. Allen Hynek, alors conseiller scientifique du Projet Blue Book, se montrera dans un premier temps convaincu de la matérialité du phénomène, écrivant en novembre 1953 au capitaine Charles A. Hardin que « des objets solides sont certainement indiqués par les preuves ». L'affaire sera plus tard réexaminée par le Condon Report, en 1968, dont les enquêteurs avanceront une explication par propagation anormale des ondes radar liée à une inversion de température — l'écho de l'objet ne serait, selon cette thèse, qu'un artefact du propre écho radar du F-84. Mais cette hypothèse peine à expliquer pourquoi l'écho est resté net et distinct du F-84 durant les cent vingt miles de poursuite, jusqu'à sortir de portée radar dans le Dakota du Nord. Pour Ruppelt, en définitive, l'affaire d'Ellsworth demeurera, faute de mieux, officiellement non identifiée.

« Le contrôleur vit l'objet commencer à bouger, l'observatrice le vit bouger, et le pilote le vit bouger — tous trois, au même instant. »
— Capitaine Edward J. Ruppelt, ancien directeur du Projet Blue Book

Document d'archive : rapport du lieutenant David K. Needham (extrait traduit)

Extrait traduit du rapport officiel AF Form 112-Part I, daté du 5 août 1953, versé aux archives déclassifiées de l'US Air Force :

« À 21h15, heure locale des Rocheuses, le 5 août 1953, j'ai décollé à bord d'un F-84 pour effectuer une patrouille aérienne de combat. Environ trois minutes plus tard, j'ai contacté le contrôle Grady par radio. Grady m'a informé que le Ground Observer Corps avait repéré un objet volant (une lumière) au nord-est de Black Hawk, dans le Dakota du Sud. Grady m'a demandé d'aller enquêter, sans pouvoir me communiquer la vitesse, le cap ou l'altitude de l'objet. Après trois demandes de vecteur adressées à Grady pour rejoindre les environs de Black Hawk, j'ai fini par apercevoir ce qui semblait être l'objet. Au moment de la détection, je suivais un cap de 330 depuis la base d'Ellsworth, à 15 000 pieds d'altitude. L'objet se trouvait à environ trente degrés sur ma droite, et semblait suivre une trajectoire parallèle à la mienne, à une altitude inférieure. L'objet était une lumière d'intensité variable, alternant du blanc au... [document partiellement illisible]. Quant à la taille exacte de cet engin, il est difficile de se prononcer, mais compte tenu de l'altitude à laquelle il semblait se trouver, et à en juger par sa position apparente par rapport au relief environnant, je dirais qu'il mesurait entre six et neuf mètres de diamètre. Je le précise en raison des quelques secondes seulement pendant lesquelles j'ai pu observer cet engin ; j'ai également aperçu son sillage. »

Légende - Photo
Dual Freq, Public domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1866883
Sources
TagsO.V.N.I.

samedi 4 juillet 2026

Plus de 100 personnes ont observé un OVNI dans l'ouest de l'Angleterre en 1993

Plus de 100 personnes ont observé un OVNI dans l'ouest de l'Angleterre en 1993

Il est un peu plus d'une heure du matin, ce 31 mars 1993, lorsque les téléphones du ministère britannique de la Défense commencent à sonner sans discontinuer. En l'espace de quelques heures, plus d'une centaine de témoins répartis dans l'ouest de l'Angleterre — dont de nombreux policiers et militaires en service — rapportent avoir observé des engins lumineux se déplaçant à une vitesse stupéfiante dans le ciel nocturne. L'affaire, qui restera dans les annales sous le nom d'« incident de Cosford », deviendra l'un des dossiers ovnis les plus documentés jamais traités par les autorités britanniques.

C'est Nick Pope, alors responsable du « bureau des ovnis » (le fameux Sec(AS)2a) au sein du ministère de la Défense, qui héritera de l'enquête. Selon son propre récit,« les téléphones n'arrêtaient pas de sonner »lorsqu'il prit son poste au matin du 31 mars — les rapports de la nuit précédente s'étant accumulés sur son bureau.

Sur les collines du Somerset, « comme deux Concorde accolés »

Le premier témoignage marquant provient des Quantock Hills, dans le Somerset, où un policier accompagnant un groupe de scouts décrit un engin triangulaire glissant dans le ciel à très grande vitesse. Sa description, restée célèbre, compare la forme aperçue à deux avions supersoniques Concorde volant côte à côte, comme soudés l'un à l'autre. D'autres signalements affluent alors de Cornouailles, du Devon et des West Midlands, dessinant une vague d'observations qui semble balayer tout le sud-ouest de l'Angleterre en quelques heures à peine.

RAF Cosford : deux lumières blanches « à très grande vélocité »

C'est cependant au-dessus de la base aérienne de RAF Cosford, dans le Shropshire, que se produit le signalement qui donnera son nom à toute l'affaire. Une patrouille de la police militaire de la RAF rapporte avoir vu passer, à environ 300 mètres d'altitude, deux lumières blanches crémeuses accompagnées d'une faible lueur rougeâtre à l'arrière, sans le moindre bruit de moteur. Le rapport officiel de la police de l'air, classé « Police In Confidence », insiste sur la vitesse extrême de l'objet et sur son silence total — deux caractéristiques qui excluent, selon les témoins, tout appareil conventionnel connu.

RAF Shawbury : un faisceau lumineux qui « semblait chercher quelque chose »

Un peu plus d'une heure plus tard, c'est au tour de la base voisine de RAF Shawbury d'être le théâtre d'une observation plus spectaculaire encore. L'officier météorologue de service, que Nick Pope ne nommera jamais publiquement par respect pour son anonymat, décrit un engin de la taille d'un avion de transport C-130 ou d'un Boeing 747, se déplaçant lentement — à peine 50 kilomètres à l'heure — vers le périmètre de la base. L'appareil projette alors un faisceau lumineux semblable à un rayon laser, qui balaie le sol d'avant en arrière comme s'il « cherchait quelque chose ». Un bourdonnement grave et continu se fait entendre, perceptible presque autant que audible. Puis, brusquement, la lumière s'éteint et l'objet s'éloigne à une vitesse fulgurante, laissant le témoin — habitué pourtant à observer des appareils militaires — décontenancé.

Le radar reste muet, la Défense s'inquiète

Fait troublant : ni RAF Shawbury ni RAF Cosford ne parviennent à détecter le moindre écho sur leurs radars au moment des observations. Dans son rapport officiel transmis à sa hiérarchie, Nick Pope ira jusqu'à écrire qu'un objet non identifié semblait avoir opéré dans la région de défense aérienne du Royaume-Uni sans être détecté, ce qui, selon ses propres termes, revêtait une signification pour la défense justifiant une enquête approfondie. Le ministère ira jusqu'à interroger officiellement l'armée américaine pour savoir si les engins observés provenaient de ses propres appareils — une démarche rare, révélatrice du sérieux avec lequel l'affaire fut traitée en coulisses.

La piste du débris spatial : l'explication qui divise

Toutes les explications ne penchent cependant pas vers l'extraordinaire. Dans la soirée du 30 mars 1993, l'Union des États indépendants — héritière de l'URSS — avait mis sur orbite un satellite radio à l'aide d'une fusée dont l'étage propulseur s'était ensuite désintégré en rentrant dans l'atmosphère. Les trajectoires calculées par simulation informatique pour la chute de ces débris coïncident, selon certains chercheurs, avec plusieurs signalements de « lumières brillantes » survenus cette nuit-là. Jenny Randles, figure de la British UFO Research Association, avancera même que le témoignage de l'officier météorologue de Shawbury pourrait s'expliquer, non par un engin extraordinaire, mais par le passage d'un hélicoptère de la police — l'intéressé ayant lui-même, des années plus tard, reconsidéré sa propre observation en ce sens.

Un dossier qui, trente ans plus tard, refuse de se refermer

Malgré ces pistes prosaïques, l'incident de Cosford continue de diviser chercheurs et sceptiques. Nick Pope lui-même maintiendra, des décennies durant, qu'aucune explication ne permet de rendre compte de la totalité des témoignages recueillis cette nuit-là — en particulier du faisceau lumineux et du bourdonnement décrits à Shawbury. Ses détracteurs, eux, pointent des incohérences dans la chronologie qu'il a présentée au fil des années, notamment quant à l'écart de plus d'une heure séparant les observations de Cosford et de Shawbury, incompatible avec l'idée d'un même engin filant d'une base à l'autre. Le ministère de la Défense britannique a depuis rendu publics l'ensemble des dossiers relatifs à cette nuit du 30 au 31 mars 1993, rompant avec sa position traditionnelle selon laquelle les ovnis ne présentaient « aucun intérêt pour la défense ».

« Il semble qu'un objet non identifié, d'origine inconnue, ait opéré dans la région de défense aérienne du Royaume-Uni sans être détecté par le radar ; ceci paraît revêtir une importance considérable pour la défense, et je recommande que l'on approfondisse l'enquête. »
— Note de Nick Pope au ministère de la Défense, avril 1993

Extrait traduit du rapport de la police de l'air de RAF Cosford

« La patrouille a observé deux lumières blanches de teinte crémeuse, accompagnées d'une faible lueur rouge à l'arrière, traversant l'espace aérien de la base à très grande vélocité, à une altitude estimée à environ 300 mètres. Aucun bruit de moteur n'a été perçu. Des renseignements complémentaires, recueillis auprès d'autres bases militaires, d'aéroports civils et de la police locale, font état de plusieurs signalements civils concordants dans la même région et au cours de la même période. »
— Rapport de la police de la RAF, classé Police In Confidence, mars 1993 (traduction)

Légende - Photo
Grok, CC0,
Sources
TagsO.V.N.I.

jeudi 2 juillet 2026

Au début des années 1980, un immense OVNI est apparu dans la vallée de l'Hudson

Au début des années 1980, un immense OVNI est apparu dans la vallée de l'Hudson

Entre 1982 et 1986, plusieurs milliers d'habitants du comté de Westchester, dans l'État de New York, ont rapporté l'apparition récurrente d'un immense engin silencieux, en forme de V ou de boomerang, glissant à basse altitude au-dessus du Taconic Parkway. Ni les enquêteurs de l'époque ni les autorités n'ont jamais totalement élucidé le phénomène.

Un réveillon pas comme les autres

Tout commence, si l'on en croit les archives rassemblées par les premiers enquêteurs, dans la nuit du 31 décembre 1982, à quelques minutes de minuit. Un policier retraité, installé dans son jardin de la ville de Kent, aperçoit vers le sud un groupe de lumières rouges, vertes et blanches. Il pense d'abord à un avion en détresse. Mais l'objet passe au-dessus de sa maison à une hauteur qu'il estime à environ 150 mètres, trop lentement et trop silencieusement pour un appareil conventionnel — seul un bourdonnement sourd, lointain, accompagne sa progression. En l'observant, l'homme distingue une silhouette triangulaire sombre reliant les points lumineux disposés en V.

Ce témoignage isolé restera longtemps sans écho. Il faudra attendre l'hiver suivant pour que l'affaire prenne une tout autre dimension.

La nuit du 24 mars 1983 : le standard téléphonique de Yorktown saturé

Une semaine après qu'un adjoint du shérif, Dennis Sant, a observé près de Brewster un objet métallique gris qu'il décrira comme « une ville de lumières », les signalements repartent de plus belle. Le 24 mars 1983, un ancien policier aperçoit une nouvelle fois la formation en V, cette fois accompagnée d'un bourdonnement plus perceptible. La même nuit, un ingénieur en informatique d'IBM, Ed Burns, circule sur le Taconic Parkway près de Millwood lorsque sa radio se met à grésiller ; il s'arrête sur le bas-côté, comme des dizaines d'autres automobilistes, pour observer ce qu'il décrira comme un « vaisseau triangulaire » gigantesque et parfaitement silencieux.

À Yorktown, les appels affluent en telle quantité que le standard de la police locale menace littéralement de s'effondrer sous la charge, au point que les autorités craignent de ne plus pouvoir traiter les urgences réelles. Deux officiers présents sur les lieux au même moment livreront pourtant des descriptions contradictoires : l'un parle d'une masse unique portant plusieurs feux, l'autre évoque une formation resserrée de petits avions — une divergence qui nourrira, des années durant, le débat sur la nature exacte du phénomène.

Une enquête scientifique s'organise

Le 26 mars 1983, le quotidienWestchester-Rockland Daily Itempublie en une un article resté célèbre, titré sobrement : « Des centaines affirment avoir vu un OVNI ». L'article attire l'attention d'un groupe de chercheurs indépendants proche de J. Allen Hynek, ancien conseiller scientifique de l'armée de l'air américaine pour les projets Sign, Grudge puis Blue Book, et fondateur du Center for UFO Studies. Aux côtés de l'astronome, l'enseignant et enquêteur Philip J. Imbrogno prend la tête des investigations de terrain.

L'équipe met en place une ligne téléphonique dédiée et recueille plus de trois cents appels en une seule soirée, rien que pour la nuit du 24 mars. Un témoin cité plus tard dans leur ouvrage résumera l'impression générale en une phrase restée célèbre parmi les chercheurs du dossier : s'il existait une chose telle qu'une cité volante, c'est exactement à cela que ressemblait l'objet observé cette nuit-là. Au terme de leurs recherches, Hynek, Imbrogno et le journaliste Bob Pratt publieront le résultat de cette enquête dansNight Siege: The Hudson Valley UFO Sightings, qui reste aujourd'hui la référence documentaire sur l'affaire.

Un objet, ou des dizaines de pilotes facétieux ?

Face à l'ampleur des témoignages, l'explication la plus communément avancée fut celle d'un canular : un groupe de pilotes amateurs volant en formation serrée à bord d'ultralégers, feux clignotants allumés, pour simuler un vaisseau unique. La thèse trouve un début de confirmation macabre le soir d'Halloween 1984, lorsqu'un petit avion se pose à l'aérodrome de Stormville — l'un des points de passage récurrents de l'objet — et que son pilote est interpellé par un policier d'État le soupçonnant d'être impliqué dans la mise en scène. L'homme nie toute implication et ne sera jamais inculpé, mais le rapport rédigé par l'officier ce soir-là deviendra, aux yeux des sceptiques, la pièce à conviction de l'explication rationnelle.

Imbrogno lui-même récusera pourtant cette lecture univoque des faits. Il fera valoir que l'objet avait été vu bien avant que ces vols groupés de nuit ne commencent, et que des témoins ayant assisté à plusieurs apparitions distinctes rapportaient des différences nettes d'une observation à l'autre — certaines correspondant à la description d'un engin unique et rigide, d'autres, plus tardives, à celle d'un essaim de petits appareils. Un contrôleur aérien, Anthony Capaldi, ayant lui-même observé l'objet au-dessus de Stormville à l'été 1983, notera par ailleurs que des avions volant en formation aussi serrée auraient nécessairement produit un bruit de moteur perceptible — or la quasi-totalité des témoins insistent au contraire sur le silence presque total de l'appareil, rompu tout au plus par un léger bourdonnement.

Le survol du site nucléaire d'Indian Point

L'épisode qui donnera à l'affaire sa tournure la plus troublante survient les 14 juin et 24 juillet 1984, lorsque plusieurs témoins — parmi lesquels des agents de sécurité de la centrale nucléaire d'Indian Point, sur la rive est de l'Hudson — signalent un objet structuré de grande taille évoluant lentement ou stationnaire à proximité immédiate des réacteurs. L'un des gardes en poste estimera l'engin à une centaine de mètres de long, évoluant à moins de trois cents mètres d'altitude, et le comparera à plusieurs hélicoptères volant en formation extrêmement rapprochée. Pour les partisans de l'hypothèse extraordinaire, la proximité d'une infrastructure aussi sensible qu'une centrale nucléaire rendait la thèse des pilotes farceurs nettement moins convaincante ; nul amateur d'ultraléger, faisait-on valoir, ne prendrait le risque de survoler ainsi une installation classée.

Un phénomène qui déborde largement le Westchester

Selon les estimations avancées par l'équipe de Hynek et Imbrogno, l'objet — ou les objets — aurait été aperçu par plus de cinq mille témoins entre 1982 et 1986, sur une zone qui déborde largement le seul comté de Westchester : les signalements couvrent aussi les comtés de Putnam et Dutchess, et s'étendent jusqu'au Connecticut voisin, à New Haven et Brookfield. Les rapports indiquent une trajectoire privilégiée le long du couloir formé par le Taconic Parkway, avec une prédilection marquée pour le survol de plans d'eau, et une apparition exclusivement nocturne — aucun témoignage fiable ne fait état d'une observation en plein jour.

L'affaire connaîtra un net regain médiatique en 1992, lorsque l'émission américaineUnsolved Mysterieslui consacre un reportage. Le programme parvient à réunir un groupe de pilotes prêts à revendiquer la responsabilité des vols en formation — mais ceux-ci se dérobent au moment de reproduire en public la manœuvre en V qu'ils prétendaient avoir exécutée, invoquant les infractions au règlement de l'aviation civile qu'une telle démonstration aurait impliquées. L'énigme, à ce jour, demeure officiellement non résolue.

Repères chronologiques

31 décembre 1982 — Première observation répertoriée, à Kent, New York.
17 mars 1983 — Observation par l'adjoint du shérif Dennis Sant près de Brewster ; circulation interrompue sur l'Interstate 84.
24 mars 1983 — Vague majeure de signalements ; standard téléphonique de Yorktown saturé ; plus de trois cents appels reçus par la ligne d'enquête en une nuit.
26 mars 1983 — Publication de l'article du Westchester-Rockland Daily Item ; lancement de l'enquête de Hynek et Imbrogno.
Été 1983 — Observation par le contrôleur aérien Anthony Capaldi au-dessus de Stormville.
14 juin et 24 juillet 1984 — Survols signalés à proximité de la centrale nucléaire d'Indian Point.
31 octobre 1984 — Interpellation d'un pilote à l'aérodrome de Stormville.
1992 — Diffusion du reportage de Unsolved Mysteries.

Document d'archive — témoignage recueilli par les enquêteurs (traduction)

« S'il existe une chose telle qu'une cité volante, c'est exactement à cela que ressemblait l'objet. Il n'y avait aucun bruit de moteur, seulement ce bourdonnement grave, presque continu. Les lumières étaient disposées en V, très nettes, et l'ensemble avançait avec une lenteur qui n'avait rien de naturel pour un aéronef de cette taille apparente. »

— Témoignage cité dans Night Siege: The Hudson Valley UFO Sightings (Hynek, Imbrogno & Pratt), à propos des événements du 24 mars 1983.

Légende - Photo
Grok, CC0,
Sources
TagsO.V.N.I.

samedi 27 juin 2026

En 1883, un astronome a observé des centaines d'OVNI près du Soleil

En 1883, un astronome a observé des centaines d'OVNI près du Soleil

En août 1883, l'astronome mexicain José Bonilla photographie une armada d'objets non identifiés défilant devant le disque solaire. Moqué par Paris, ignoré pendant un siècle, il sera finalement réhabilité par la science moderne — qui révèle que la Terre frôla peut-être la destruction totale ce jour-là.

Un matin ordinaire à l'observatoire du désert

Le 12 août 1883, José Árbol y Bonilla, directeur de l'Observatoire astronomique de l'État de Zacatecas, prépare son instrument pour une session d'observation des taches solaires. Rien ne laisse présager l'extraordinaire. Le ciel est limpide sur les hauts plateaux de Zacatecas, à 2 400 mètres d'altitude, et la lumière du matin est franche. L'observatoire lui-même est une institution récente : inauguré le 6 décembre 1882 — à peine neuf mois plus tôt —, il est le premier grand observatoire mexicain fondé hors de la capitale. Bonilla en est le premier directeur, homme de rigueur formé à la photographie céleste lors d'un séjour à l'Observatoire de Paris.

Puis les objets apparaissent.

Sombres, nébuleux, se découpant sur le disque blanc du soleil, ils traversent le champ de la lunette par groupes successifs. Bonilla les observe, les compte, les dessine, note l'heure de leur entrée et de leur sortie sur le fond solaire. Certains passent seuls, d'autres par grappes de quinze à vingt à la fois. Leur vitesse est variable — une fraction de seconde à une seconde entière pour traverser le disque —, leurs formes, allongées et floues, demeurent inclassables. L'astronome prend une décision : il photographie.

Utilisant le procédé des plaques humides au collodion — la technique photographique de pointe de l'époque, qu'il maîtrise depuis Paris —, Bonilla expose ses plaques à un centième de seconde, au rythme effréné de l'apparition des corps. Ce travail s'étale sur deux jours : le 12 août, il dénombre 283 objets distincts ; le 13, 164 autres suivent. Au total, 447 entités traversent le soleil en moins de trois jours et demi d'observation. Jamais aucun autre observatoire dans le monde — ni Mexico City, ni Puebla, ni aucun poste européen — ne signale quoi que ce soit d'analogue.

Le silence de Bonilla, la condescendance de Paris

Le comportement de Bonilla après l'observation est lui-même digne de remarque. L'astronome ne cède pas à la tentation du sensationnel. Il consigne scrupuleusement ce qu'il a vu, classe ses clichés, recopie ses notes — et se tait. Il ne propose aucune hypothèse explicative. Il n'invoque ni météores, ni phénomène atmosphérique, ni aucune autre catégorie préétablie qui lui permettrait de refermer proprement ce dossier encombrant.

Ce n'est que deux ans et demi après les faits que Bonilla se résout à transmettre son rapport à Camille Flammarion, fondateur et directeur de la revueL'Astronomie, publiée à Paris depuis 1882. Flammarion est à l'époque l'une des figures les plus influentes de la vulgarisation scientifique européenne — auteur de l'Astronomie populaireparue en 1880, fondateur en 1887 de la Société astronomique de France, personnalité inclassable à la frontière du rationalisme et du mysticisme. C'est lui qui reçoit le document de Zacatecas.

La réponse de Paris est publiée le 1er janvier 1886, dans le premier numéro deL'Astronomiepour l'année nouvelle. Elle est cinglante. La rédaction propose que les objets photographiés par Bonilla étaient, selon toute vraisemblance, des oiseaux migrateurs volant à haute altitude, ou des insectes posés sur l'objectif de la lunette. L'argument est astucieux en son genre : si les corps se trouvaient à quelques centimètres de la lentille — plutôt que dans l'espace — leur présence n'aurait été détectable qu'à Zacatecas, ce qui expliquerait l'absence de toute observation simultanée ailleurs. Bonilla rejette cette interprétation. Mais il n'insiste pas. Il n'a pas de contre-hypothèse à offrir, et la revue parisienne est passée à autre chose.

Pendant cent vingt-huit ans, l'observation de Zacatecas demeure ce qu'on appelle, en astronomie, unecuriosité sans explication— un fait consigné mais orphelin de sens.

La réhabilitation venue de l'UNAM : un frôlement cométaire

En 2011, trois astronomes de l'Universidad Nacional Autónoma de México relancent le dossier. Héctor Javier Durand Manterola, du Géophysical Institute, María de la Paz Ramos Lara et Guadalupe Cordero publient sur arXiv, la plateforme ouverte des prépublications scientifiques, un article intitulé :Interpretation of the observations made in 1883 in Zacatecas (Mexico) : A fragmented Comet that nearly hits the Earth.

Leur méthode est géométrique. En exploitant un fait simple — les objets n'ont été observés qu'à Zacatecas, et non à Mexico City ni à Puebla, distantes de quelques centaines de kilomètres —, les chercheurs calculent la distance maximale à laquelle les corps pouvaient se trouver pour rester invisibles depuis ces deux autres points. Le résultat est vertigineux. Les objets que Bonilla a photographiés ne se trouvaient pas dans la haute atmosphère. Ils n'étaient pas non plus à mi-chemin du Soleil. Ils rasaient la surface de la Terre.

Selon les calculs de Durand Manterola et de ses collègues, les fragments sont passés à une distance comprise entre 538 et 8 062 kilomètres de la surface terrestre. Pour donner la mesure de cette proximité : la Station spatiale internationale orbite à environ 400 kilomètres d'altitude. Ces objets ont donc frôlé la Terre au sens le plus littéral du terme — dans la basse ceinture orbitale, à une altitude que l'humanité ne franchira elle-même que soixante-dix-huit ans plus tard.

Les dimensions estimées des fragments sont tout aussi troublantes : entre 46 et 795 mètres de largeur, entre 68 et 1 022 mètres de longueur. La masse individuelle des corps oscillerait entre quelques centaines de millions et plusieurs billions de kilogrammes. La masse totale de l'objet parent — avant fragmentation — aurait été comparable à celle de la comète de Halley, voire plusieurs fois supérieure.

L'analogie Shoemaker-Levy et la comète qui n'a pas frappé

Le précédent scientifique le plus éclairant est celui de la comète Shoemaker-Levy 9. Découverte en mars 1993 par les astronomes Carolyn et Eugene Shoemaker et David Levy à l'Observatoire du Mont Palomar, elle avait déjà été capturée par Jupiter et s'était fragmentée lors d'un passage trop proche de la planète géante en juillet 1992. En juillet 1994, ses vingt-et-quelques débris s'écrasèrent successivement sur Jupiter, laissant dans son atmosphère des cicatrices de la taille de la Terre, visibles depuis les télescopes amateurs du monde entier. L'énergie libérée fut estimée à plusieurs millions de mégatonnes de TNT.

Ce que les astronomes de l'UNAM suggèrent, c'est que le 12 août 1883, une comète de taille comparable à Shoemaker-Levy — peut-être plus massive — a effleuré la Terre sans que quiconque, à l'exception de José Bonilla, en fût témoin. Si la trajectoire avait différé de quelques milliers de kilomètres, si l'un des fragments avait percuté l'atmosphère plutôt que de la raser, les impacts auraient pu déclencher des tsunamis planétaires, des nuages de poussière réduisant la lumière solaire pour des années, une extinction de masse. La civilisation industrielle de l'époque — en pleine Belle Époque naissante, à dix ans de la Conférence de Berlin et du partage de l'Afrique — aurait peut-être été anéantie, sans avoir compris ce qui la frappait.

Dans ses notes originales, telles que reproduites dansL'Astronomiede 1886, Bonilla décrit lui-même l'allure des corps avec une précision qui frappe rétrospectivement :« Leurs intervalles de temps étaient variables, un corps mettait au maximum un tiers, une demi-seconde ou au plus une seconde à traverser le disque, et une minute ou deux s'écoulait avant que d'autres n'apparaissent — certains passaient par groupes de 15 à 20 à la fois, si bien qu'il était difficile de les compter. J'ai tracé la trajectoire de beaucoup de ces corps sur le disque solaire, notant leurs "entrées" et "sorties" sur le papier. »

Les photographies : premières images d'un OVNI ?

Les plaques photographiques de Bonilla, conservées dans les archives de l'Observatoire de Zacatecas, occupent une place singulière dans l'histoire de l'imagerie astronomique. Elles constituent l'une des toutes premières photographies d'objets volants non identifiés jamais réalisées. Ce fait, longtemps récupéré par la littérature ufologique de la seconde moitié du XXe siècle — Jimmy Guieu, Frank Edwards, Henry Durrant y ont chacun fait référence dans des ouvrages aux interprétations très libres —, acquiert une signification différente à la lumière des travaux de 2011 : les objets photographiés étaient réels, solides, d'une taille colossale, et se trouvaient à portée quasi-orbitale de la Terre.

L'ufologie populaire a brodé avec enthousiasme sur ces images : on y a vu des vaisseaux extraterrestres, des formations militaires secrètes, des dirigeables inconnus. Toutes ces interprétations échouent sur un même constat : en 1883, aucune puissance terrestre ne disposait d'une flotte de 447 engins aériens capables d'orbiter à moins de 8 000 kilomètres de la surface. La vérité, telle que les astronomes mexicains du XXIe siècle la reconstruisent, est plus vertigineuse encore : il s'agissait de débris cométaires en transit rasant, un chapelet de rochers célestes dont le plus petit dépassait la taille d'un immeuble de hauteur et dont le plus grand rivalisait avec les plus gros astéroïdes de la ceinture principale.

Bonilla, homme de la mesure face à l'indicible

Ce qui demeure peut-être le plus saisissant dans cette affaire, c'est la posture intellectuelle de Bonilla lui-même. Formé à Paris dans la tradition de la rigueur observationnelle, directeur d'un observatoire périphérique dans une nation encore en quête de légitimité scientifique internationale, cet homme a fait face à l'inexpliqué et a choisi la seule attitude vraiment scientifique : consigner sans conclure. Il n'a pas cherché à imposer une explication. Il n'a pas gonflé ses chiffres. Il a noté 283 objets le premier jour, 164 le second, décrit leurs trajectoires, photographie leurs silhouettes floues, et soumis son rapport sans fioritures.

La communauté internationale l'a traité avec condescendance. Paris a trouvé des oiseaux là où Bonilla avait vu des corps solides traversant l'espace à des vitesses prodigieuses. L'histoire lui a donné tort.

En 2011, un siècle et quart après les faits, des astronomes mexicains — travaillant dans le même pays, dans la même tradition nationale qui avait formé Bonilla — ont relu ses notes, retravaillé sa géométrie, et établi que ce matin d'août 1883 sur les hauts plateaux de Zacatecas, la Terre avait frôlé une catastrophe d'extinction sans le savoir. L'observateur solitaire qui avait regardé le Soleil ce jour-là et avait noté fidèlement ce qu'il voyait était le seul être humain sur Terre à avoir été, sans en avoir la moindre conscience, témoin de l'un des plus grands frôlements de l'histoire de notre planète.


Document d'archives — Extrait du rapport de José Bonilla, publié dansL'Astronomie, 1er janvier 1886

« Le 12 août 1883, à l'Observatoire de Zacatecas, j'ai observé un grand nombre de corps sombres et opaques traverser le disque solaire en directions variées. Leurs intervalles étaient irréguliers, la durée de leur transit variant entre un tiers et une seconde entière. Certains se déplaçaient isolément ; d'autres apparaissaient par groupes de quinze à vingt unités, ce qui rendait leur décompte difficile. J'ai tracé sur papier les trajectoires de plusieurs d'entre eux, notant leurs points d'entrée et de sortie sur le disque. Leur nature demeure pour moi inexpliquée. »

— José Árbol y Bonilla, directeur de l'Observatoire astronomique de Zacatecas, Mexique

Légende - Photo
, Domaine public,
Sources
TagsO.V.N.I.

vendredi 26 juin 2026

Egypte - Un papyrus relate l'apparition d'un OVNI dans l'Antiquité

Egypte - Un papyrus relate l'apparition d'un OVNI dans l'Antiquité

Un papyrus égyptien vieux de trente-cinq siècles consigne ce qui pourrait être la plus ancienne observation d'objets non identifiés jamais portée à l'écrit. Mais ce document capital — et introuvable — a-t-il seulement existé ?

L'an 22 du règne : une matinée qui n'était pas ordinaire

En la vingt-deuxième année de règne de Thoutmôsis III, au troisième mois de l'hiver, à la sixième heure du jour — soit aux alentours de midi selon le découpage solaire de l'Égypte ancienne —, les scribes de la « Maison de Vie » remarquèrent quelque chose d'inhabituel dans le ciel. Ce qu'ils virent les jeta à terre. Ils se prosternèrent, puis coururent avertir le Pharaon.

La Maison de Vie — lePer Ankh— n'était pas un simple scriptorium. C'était l'institution intellectuelle la plus élevée de l'Égypte, le lieu où astronomes, médecins et théologiens œuvraient côte à côte sous la protection de Thot, dieu de la connaissance. Les hommes qui observèrent ce phénomène étaient donc, selon les critères de leur époque, les témoins les plus qualifiés qui fussent.

Voici la traduction du texte telle qu'elle fut établie par le prince Boris de Rachewiltz dans les années 1950 :

« En l'an 22, au troisième mois de l'hiver, à la sixième heure du jour, les scribes de la Maison de Vie aperçurent un cercle de feu descendant du ciel. Il n'avait point de tête ; de sa bouche sortait une haleine fétide. Son corps avait une coudée de longueur et une coudée de largeur. Il n'émettait aucun son. Les cœurs des scribes furent troublés et ils se jetèrent sur le ventre. Ils allèrent en faire rapport au Pharaon. Sa Majesté ordonna de consulter les rouleaux conservés dans la Maison de Vie. »

Quelques jours plus tard, selon le même texte, les phénomènes se multiplièrent au point de surpasser en éclat la lumière du soleil et d'envahir « les quatre angles du ciel ». L'armée du Pharaon les observa en formation. Des poissons et des oiseaux tombèrent du ciel. Le pharaon fit brûler de l'encens, ordonna que l'événement soit consigné pour l'éternité dans les Annales de la Maison de Vie, et déclara ce jour digne d'être mémorisé.

Thoutmôsis III, le Napoléon des pharaons

Pour comprendre le poids de ce témoignage, il faut situer son contexte. Thoutmôsis III — également orthographié Thutmose ou Thoutmès — est considéré par les égyptologues comme l'un des plus grands souverains qu'ait connus l'Égypte antique. Son règne officiel s'étend d'environ 1479 à 1425 avant notre ère, bien qu'il ait d'abord exercé une co-régence sous la tutelle de sa belle-mère Hatchepsout pendant près de vingt-deux ans.

Surnommé le « Napoléon de l'Égypte ancienne », il conduisit dix-sept campagnes militaires majeures, portant l'empire du Nil jusqu'à l'Euphrate au nord et jusqu'à la quatrième cataracte du Nil au sud. Sa victoire à la bataille de Megiddo en 1457 avant notre ère — dont le récit fut gravé sur les murs du temple de Karnak par son secrétaire personnel Tjaneni — reste l'une des premières batailles documentées de l'histoire de l'humanité.

C'est donc un homme habitué aux prodiges militaires, à la grandeur et à l'observation du monde, qui se retrouva face au ciel embrasé de ce mystérieux hiver. Que ce pharaon, qui avait fait ériger des stèles de l'Euphrate au Soudan, ait jugé ce phénomène aérien assez remarquable pour l'immortaliser dans ses annales officielles dit quelque chose de l'intensité de ce que ses scribes rapportèrent.

Alberto Tulli et le bazar du Caire

Le papyrus ne serait pas entré dans la connaissance moderne sans un incident survenu en 1933 dans un bazar du Caire. Alberto Tulli, alors directeur de la section égyptienne des Musées du Vatican, flânait parmi les antiquaires lorsqu'il aurait mis la main sur un fragment de papyrus portant, selon lui, une séquence des Annales de Thoutmôsis III. Le prix demandé dépassait ses moyens. Il fit donc réaliser à la main une copie du texte, en remplaçant le script hiératique d'origine par des hiéroglyphes, procédure alors courante dans les milieux érudits.

Tulli rentra à Rome avec sa transcription. Le papyrus original resta au Caire entre les mains d'un marchand surnommé « Tano » — vraisemblablement Phokion J. Tanos, antiquaire réputé de la ville. Ce qui advint ensuite du document original reste inconnu.

À la mort d'Alberto Tulli, ses papiers furent légués à son frère, un prêtre du Palais du Latran. Lorsque ce frère mourut à son tour, ses biens furent dispersés entre divers héritiers. La transcription du papyrus se volatilisa dans cette succession.

Le Prince de Rachewiltz entre en scène

C'est en 1953 que l'affaire rebondit. Le prince Boris de Rachewiltz — érudit italo-russe, égyptologue autodidacte et, par alliance, gendre du poète Ezra Pound — affirma avoir retrouvé parmi les papiers du défunt Tulli la fameuse transcription. Il en publia une traduction dansDoubt, le journal de la Fortean Society, et déclara que le texte faisait partie intégrante des Annales de Thoutmôsis III.

Rachewiltz précisa que la retranscription du hiératique en hiéroglyphes avait été effectuée non par Tulli lui-même, mais par le Dr Étienne Drioton, égyptologue de renom et alors directeur du Service des Antiquités de l'Égypte. Le nom de Drioton conférait une caution scientifique considérable à l'entreprise.

Une seconde traduction indépendante fut réalisée par l'anthropologue américain R. Cedric Leonard, qui parla de « disques ardents » là où Rachewiltz évoquait des « cercles de feu » — une divergence mineure qui témoigne moins d'une contradiction que de la complexité de la langue hiéroglyphique, dont les signes peuvent recevoir plusieurs interprétations selon le contexte rituel ou astronomique.

La chaîne des doutes

L'histoire du Papyrus Tulli est aussi celle d'une chaîne d'intermédiaires que nul ne peut aujourd'hui vérifier. En 1968, l'enquêteur Samuel Rosenberg, chargé de rédiger une section du rapport Condon sur les ovnis, câbla le Vatican afin d'obtenir des éclaircissements. La réponse de Gianfranco Nolli, alors inspecteur de la section égyptienne des Musées du Vatican, fut lapidaire :« Le papyrus Tulli n'est pas la propriété du Musée du Vatican. Il est à présent dispersé et introuvable. »

Pire encore, Rachewiltz admit plus tard n'avoir jamais eu le papyrus en main, reconnaissant que sa traduction reposait sur les notes prises par Tulli lors d'une brève consultation du document chez « Tano » au Caire en 1934. Il ne s'agissait donc pas d'un papyrus, ni même d'une copie complète, mais d'une traduction d'une transcription de notes d'une consultation d'un document original aujourd'hui disparu. Les ufologues Jacques Vallée et Chris Aubeck, dans leur ouvrage de référenceWonders in the Sky(2010), qualifièrent sans détour ce dossier de mystification.

Rosenberg alla plus loin, suggérant que le texte pourrait être un emprunt camouflé au Livre d'Ézéchiel — les « roues de feu » de la vision prophétique du texte biblique présentant une parenté troublante avec les « cercles de feu » du Papyrus Tulli. D'autres chercheurs, moins catégoriques, avancèrent des hypothèses naturelles : comète rasante, météorite boréale, phénomène électrique de type feu Saint-Elme amplifié par l'atmosphère du delta du Nil.

Ce que le texte dit et ne dit pas

En dehors des querelles d'authenticité, le texte lui-même mérite une lecture attentive. Plusieurs détails frappent l'analyste. D'abord, l'absence de tête : en hiéroglyphique, décrire un objet sans tête revient à signifier qu'il n'a pas de partie directrice visible — une formulation qui s'applique difficilement à une comète ou à un météore, lesquels présentent une trajectoire identifiable. Ensuite, l'odeur fétide : cette précision sensorielle inattendue ne figure pas dans les descriptions astronomiques habituelles des astronomes égyptiens, qui s'attachaient aux formes, couleurs et mouvements, jamais aux effluves. Enfin, la durée du phénomène : l'apparition se prolongea sur plusieurs jours, ce qui exclut la plupart des phénomènes météoritiques instantanés.

La mesure d'une « coudée » — environ 52 centimètres selon l'étalon égyptien de l'époque — suggère un objet d'apparence relativement contenu, peut-être apprécié depuis le sol à faible altitude. Certains chercheurs ont noté que la description d'un objet « sans voix » traduit une surprise réelle : les scribes s'attendaient à un bruit, et ils n'en entendirent aucun.

Un fantôme dans l'histoire de l'ufologie

Quelle que soit la vérité sur son origine, le Papyrus Tulli a acquis une existence propre dans la mythologie de l'inexpliqué. Il est cité dans des dizaines d'ouvrages consacrés aux observations historiques d'ovnis, souvent présenté comme la pièce maîtresse d'un dossier antique de contact extraterrestre. Zecharia Sitchin, auteur des controverséesChroniques de la Terre, affirma même — sans jamais apporter de preuves — que Thoutmôsis III aurait été embarqué à bord de l'un de ces appareils célestes.

Il n'en reste pas moins que le document illustre une réalité plus large : depuis l'Antiquité, les humains ont regardé le ciel avec une stupeur mêlée d'effroi, et les scribes les plus instruits ont parfois été incapables de nommer ce qu'ils voyaient. Que ce soit à Nuremberg en 1561, en Nouvelle-Zélande en 1909 ou dans le ciel de Boston en 1639, le ciel a toujours eu ses secrets — et il les garde bien.

Le Papyrus Tulli, authentique ou non, incarne cette vérité fondamentale : l'humanité cherche des réponses là-haut depuis bien plus longtemps qu'elle n'est prête à l'admettre.


Document d'archive : Traduction du Papyrus Tulli

Traduction du prince Boris de Rachewiltz, publiée dans Doubt, n° 41, 1953

« En l'an 22, au troisième mois de l'hiver, à la sixième heure du jour, les scribes de la Maison de Vie aperçurent un cercle de feu descendant du ciel. Il n'avait point de tête ; de sa bouche sortait une haleine fétide. Son corps avait une coudée de longueur et une coudée de largeur. Il n'émettait aucun son. Les cœurs des scribes en furent troublés et ils se jetèrent sur le ventre. Ils allèrent en faire rapport au Pharaon. Sa Majesté ordonna de consulter les rouleaux conservés dans la Maison de Vie. Après que quelques jours furent passés, ces choses devinrent plus nombreuses dans le ciel. Leur splendeur surpassait celle du soleil et s'étendait aux quatre angles du ciel. L'armée du Pharaon les regardait avec lui au milieu d'eux. C'était après le repas du soir. Puis ces cercles de feu montèrent plus haut dans le ciel et se dirigèrent vers le sud. Des poissons et des oiseaux tombèrent du ciel. Une merveille jamais vue depuis la fondation de leur pays [...] Et le Pharaon fit brûler de l'encens pour établir la paix avec la Terre [...] et ce qui était arrivé fut ordonné d'être écrit dans les Annales de la Maison de Vie afin qu'il soit mémorisé pour toujours. »

Légende - Photo
Gemini, CC0,
Sources
TagsO.V.N.I.