En 1999, le film Matrix envisageait un futur lointain dans lequel toute l’humanité est, sans la voir, piégée dans une simulation virtuelle plongée dans la fin du 20e siècle.
Il s’agit là d’une excellente idée pour un film de
fiction. Mais si tout cela était vrai, l'un d'entre nous
pourrait-il voir la différence ? Le philosophe Nick Bostrom de
l’Université d’Oxford pense que probablement personne ne se
rendrait compte du subterfuge.
Il a déclaré : « Bien que le monde que nous voyons
soit en quelque sorte ‘réel’, il ne se situe pas au niveau
fondamental de la réalité ».
Il pense que nous vivons dans un programme informatique
créé par une civilisation super intelligente.
Le principe copernicien, du nom de l'astronome qui a
popularisé l'idée que le soleil est le centre du système solaire,
dit que la Terre n'est pas spéciale, ni unique d’un point de vue
astronomique.
Nous pourrions techniquement vivre sur une roche de taille
similaire en orbite sur une étoile de taille similaire autre que la
Terre, et notre Univers serait certainement très similaire de notre
point de vue.
Maintenant, si des extraterrestres ou de futurs humains
ont créé une Terre virtuelle à l’aide d’un super-ordinateur, rien
n’empêcherait ces êtres de fabriquer un million de mondes
semblables.
Donc, les chiffres jouent contre nous. Il pourrait y avoir
des milliards de mondes simulés, plus réalistes les uns que les
autres.
Le principe de Copernic nous indique, en se basant sur ce
postulat, que nous sommes plus susceptibles de participer à l’une
de ces simulations que de vivre dans une réalité.
Bostrom a ajouté : « L'une des choses que les
générations futures pourraient faire avec leurs ordinateurs
ultra-puissants consistera à exécuter des
simulations détaillées de leurs ancêtres. »
« Supposons que ces personnes simulées soient
conscientes. Il se pourrait alors que la grande majorité des
esprits comme le nôtre n'appartiennent pas à l’espèce
d'origine, mais plutôt à des personnes créées par
simulation par les descendants avancés
de leur race d'origine. »
Cela soulève la question de savoir s'il est possible de
créer une simulation avec des habitants artificiellement
intelligents qui croient en leur monde.
Rich Terrile, informaticien au Jet Propulsion Laboratory
de la NASA à Pasadena, en Californie, pense que nous pourrons le
faire nous-mêmes assez rapidement dans le futur. Il ajoute : «
Nous sommes une génération qui
pourraient être ces dieux qui créent ces
univers multiples. »
Des expériences sont actuellement entreprises pour
déterminer la « résolution » ultime de l'univers
qui pourrait nous donner des indices sur la nature de la
réalité.
Pourrions-nous jamais savoir si l'hypothèse d’une
simulation est correcte ? Bostrum pense qu’il est toujours possible
qu’un jour nous trouvions un indice délibérément caché dans la
simulation.
« Vous pouvez certainement imaginer un scénario
dans lequel une fenêtre s’ouvrira devant vous et où
l’on vous dira : ‘Vous êtes dans une simulation ; cliquez
ici pour plus d'informations’ », plaisante-t-il.
Mais est-ce vraiment important de savoir si nous vivons ou
non dans une simulation ?
Si nous vivons et prospérons avec bonheur dans notre monde
virtuel, avec ses coïncidences bizarres telles que des éclipses
solaires parfaitement alignées et aucune vie détectable ailleurs,
devrions-nous nous soucier de savoir si l'univers est ou non un jeu
vidéo ?
Abraham Loeb, astronome de Harvard, affirme que si nous
parvenions à confirmer que notre « réalité »
n’était pas réelle, rien n’aurait plus d’importance. Les lois et la
morale de chacun s’envoleront.
Il a poursuivi : « Rien n'est plus préjudiciable
à notre ordre social que cette
possibilité. »
Preston Greene, professeur adjoint de philosophie à la
Nanyang Technological University de Singapour, va plus
loin.
Il soutient que le fait, pour les scientifiques, de
trouver un moyen pour confirmer que notre univers est une
simulation, pourrait être le but ultime du jeu.
Les créateurs de cette simulation pourraient simplement se
déconnecter et littéralement mettre fin à notre univers.
Dans un article paru dans le New York Times, le
professeur Greene a écrit : « Si nous parvenions
à prouver que nous vivons dans une simulation, nos
créateurs pourraient mettre fin à la simulation – et
détruire notre monde. »
« Bien sûr, les expériences proposées pourraient ne
rien détecter suggérant que nous vivons effectivement
dans une simulation sur ordinateur. »
« Dans ce cas, les résultats ne prouveront rien. Voici
ce que je veux dire : les résultats des expériences proposées ne
seront intéressants que lorsqu'ils seront
dangereux. »
« Il serait extrêmement utile d'apprendre que
nous vivons dans une simulation sur ordinateur, mais le coût -
risquant de mettre fin à notre univers - serait considérablement
plus élevé. »
Ces théories, à la pointe de la science et de la
philosophie, nous rapprochent de manière surprenante des toutes
premières croyances de l’homme dans un monde avec un seul créateur,
qui nous observe de l’extérieur pour des raisons que nous ne
pouvons saisir que très faiblement.
C’est peut-être mieux si nous ne saisissons jamais les
raisons de notre existence.
Même s’il n’y a pas eu d’émeute dans les rues, le créateur
pourrait s’ennuyer et mettre fin à tout cela.
Photo : Le philosophe
Nick Bostrom
Sourcehttps://www.dailystar.co.uk/news/weird-news/universe-just-video-game-creators-19439806, 01 octobre 2019